Vie scolaire

La communication dans mon rôle d’éducation

Extrait du numéro 183 de la revue Entendre: L’inclusion, je me donne les moyens…

Cateline Pelletier
AQEPA Bas-Saint-Laurent

L’atelier sur la communication nous a été présenté par M. Richard Rioux. La communication, ça le connaît ! Il aurait pu nous en parler des heures durant, tellement son sujet le passionne ! Son défi personnel n’a pas tant été de réussir à transmettre son message que de pouvoir le faire … en 1 heure seulement ! Comme l’atelier était fort intéressant, je pourrais moi aussi en parler longtemps… Mais je vais alléger en vous résumant, à ma façon, ce que moi j’en ai tiré.

Comment percevez-vous votre rôle d’éducateur ?

En faisant le petit exercice, au début, de répondre à la question : « Comment percevez-vous votre rôle d’éducateur ?», ça m’a permis de réaliser que dans mon rôle de parent, JE SUIS forcément une éducatrice ! Même si je n’ai pas de diplôme dans ce domaine ! Et comme donc JE SUIS une éducatrice, je peux me permettre de me sentir à la hauteur (légitime), et non en situation d’infériorité, dans les rencontres avec des intervenants. Voyez le lien : l’estime de soi, c’est important ! Je me donne ainsi une chance, lors d’un entretien, d’intervenir et d’arriver à une conclusion satisfaisante !

J’ai aussi accroché sur le terme « coresponsabilité ». Comme la communication est un processus qui relie les êtres humains, dans un échange, J’AI autant de responsabilité que l’autre partie quant au résultat de cet échange. Ma façon d’interagir avec l’autre a un impact pour me faire écouter et me sentir comprise. En acceptant le fait que moi aussi j’ai du pouvoir et que je peux exercer une certaine influence, je serai utile, par exemple, à l’élaboration d’un plan d’intervention. Je me donne encore une fois, une chance d’arriver à une conclusion satisfaisante!

J’ai appris également que les mots ne représentent que 7% d’un message global. Surprenant, non ? Ainsi, 93% d’un message est compris par le récepteur par le ton, le non verbal et la gestuelle… Ouf ! Imaginez la place que nous avons pour l’interprétation…

Interprétation du message

Parlant d’interprétation… La perception d’un message est très souvent la source d’un problème de communication. D’emblée, je m’attends à ce que l’autre (consciemment ou non) ait la même perception que moi ou qu’il soit d’accord avec moi. Ha! Ha! Famili-Prix ! Voilà que je frappe un mur. Alors le meilleur moyen d’éviter cette difficulté, c’est de toujours me dire, au départ, que chacun a droit à sa perception des choses.

Je vais vous citer une partie d’un document que nous a remis M. Rioux : «Si je vois la communication comme « un échange de perceptions », cela me place dans un meilleur esprit d’ouverture pour comprendre l’autre interlocuteur, pour évoluer, cheminer dans ma position, pour collaborer dans un projet, dans une recherche de solution, une rencontre. Sinon, il y a de fortes chances que je m’enferme dans un cadre étroit : c’est-à-dire, l’un a raison, l’autre a tort ». Je vous donne un exemple qu’on entend régulièrement.

Un parent dit : « C’est mon enfant, je le connais » et le professeur dit : « C’est moi qui le sais, c’est moi qui l’observe en classe ». Dans une telle situation, il ne peut y avoir de conclusion satisfaisante…

Comment s’en sortir ?

M. Rioux a développé un peu plus longuement sur un geste clé en communication : le feedback. Je crois que pendant l’atelier, tous ont réalisé qu’il s’agit d’un élément important. Le feedback est une réaction suite à un message. Ce que j’ai retenu à ce sujet, c’est que : lorsque je suis en mode de réception d’un message, il est plus profitable pour moi de le prendre comme une information précieuse.

Il se peut que ça ne me tente pas du tout de l’écouter (ou de le lire), mais si j’en prends le temps, je serai en mesure, après analyse, d’ajouter les propos du feedback à ma propre perception ou tout simplement de l’abandonner si ça ne me convient pas. Je me donne ainsi une chance d’ouverture et, par le fait même, une chance de plus d’arriver à une conclusion satisfaisante!

Le feedback

Il permet d’apporter des éléments nouveaux, qui peuvent être des faits, des sentiments ou des perceptions.
Je vous redonne des phrases clés qui peuvent être utilisées :
« Quand vous dites que mon enfant manque de discipline, je me sens jugée » (sentiment).
« J’ai l’impression que vous ne voulez pas faire telle démarche auprès de… » (perception).
« Je comprends que votre perception est…, mais moi, à la lumière de certains faits, observés à la maison, j’ai une perception différente… Est-ce que nous pouvons en parler ? » (perception).
Ces trois modèles ouvrent la porte à la compréhension de part et d’autre, et nous donne quoi ?
La chance d’arriver à une conclusion satisfaisante !

J’ai aimé le principe du feedback positif. Reconnaître les bons coups de quelqu’un, ce n’est pas toujours facile à faire, mais ça rend l’atmosphère agréable. Ça facilite donc les échanges. Et pourquoi ne pas ajouter un 2e feedback positif à un feedback positif ? Si je me fais remercier pour un bon geste, pourquoi ne pas répondre que j’apprécie ce commentaire ? Ce qui m’amène à faire un lien avec une idée précédente : je pense que le feedback positif favorise l’environnement pour que les parties tendent à se rejoindre dans leurs perceptions et leur compréhension. Et voilà un truc de plus pour arriver à une conclusion satisfaisante !

Importance de bien se préparer

Je comprends que, mieux je me serai préparée à la rencontre, plus je serai disposée à rester centrée sur le but de l’entretien. J’aurai bien réalisé à l’avance, les enjeux et mes sentiments reliés à la rencontre. Devinez : encore une chance d’arriver à une conclusion satisfaisante !

Eh bien! C’est bien beau tout ça, mais j’avoue que les circonstances ne sont pas toujours favorables aux échanges civilisés. Malgré toute ma bonne volonté, je peux très facilement passer à côté de la bonne attitude à avoir au bon moment… Peut-être que la principale idée à retenir, c’est de ne jamais oublier le but d’une discussion. Et dans notre cas, ce serait : le bien de l’enfant.