De 0 à 6 ans

Les avancées technologiques et médicales en implant auditif

Extrait du numéro 217 de la revue Entendre : Trucs, astuces et nouveautés pour mieux communiquer

Nicolas Rouleau, Audiologiste

Audiologiste au Centre québécois d’expertise en implant cochléaire depuis 5 ans auprès d’une clientèle de tout âge, Nicolas Rouleau collabore à toutes les étapes du processus, de l’évaluation à la programmation. Il est aussi représentant régional à l’Association Québécoise des Orthophonistes et audiologistes (AQOA).

Comme à chaque année, les avancées dans le domaine des dispositifs auditifs implantables impressionnent. Il y a de plus en plus de manufacturiers présents sur le marché, ce qui amène les développeurs et ingénieurs à innover pour développer des produits compétitifs.

Les dernières années ont été témoins d’alliances entre des manufacturiers d’implants auditifs et d’aides auditives conventionnelles. Le groupe danois William Demant (propriétaire des compagnies de prothèses auditives Oticon, Bernafon, d’implant osseux Oticon medical et d’équipements diagnostics audiologiques) a fait l’achat du manufacturier français d’implant cochléaire Neurelec. La compagnie californienne d’implants cochléaires Advanced Bionics a été achetée par le fabricant suisse Phonak. De son côté, l’australien Cochlear a travaillé en partenariat avec ReSound pour le développement d’accessoires sans-fil (connectivité bluetooth, microphones sans-fil, etc.).

Ainsi, les meilleures technologies de traitements des sons et les accessoires développés pour les prothèses auditives (où le marché est plus grand et plus lucratif) ont étés appliquées aux implants cochléaires. Par exemple, le fabricant de prothèses auditives Phonak a développé un produit pour fonctionner et se connecter spécifiquement avec l’implant cochléaire d’Advanced Bionics et ses accessoires.

Un patient ayant des niveaux de surdité différents dans chaque oreille peut donc bénéficier d’une stimulation bimodale (implant cochléaire + prothèse auditive) optimale. Les porteurs d’implant profitent également d’intéressantes technologies de traitement de son grâce au processeur de plus en plus perfectionné, notamment au plan de la réduction du bruit ambiant ou du bruit de vent.

Finalement, les premiers processeurs d’implants cochléaires « tout-en-un » sont apparus sur la marché. C’est-à-dire que toute l’électronique externe est concentrée à l’intérieur d’une plus volumineuse antenne sur la tête, sans pièce sur l’oreille.

Au niveau médical, les parties internes des implants cochléaires ont fait l’objet d’avancements significatifs. Les composantes internes glissées sous la peau sont de plus en plus minces et les portes-électrodes insérées dans l’oreille interne sont de plus en plus fines. Ceci permet aux chirurgiens d’effectuer des interventions plus délicates. Ces chirurgies moins traumatiques pour l’oreille interne permettent à certains patients possédants une audition résiduelle (par exemple, surdité légère dans les basses fréquences et sévère à profonde dans les moyennes et hautes fréquences), de la préserver.

Ainsi, il est possible d’avoir un implant cochléaire « hybride » : une prothèse auditive intégrée permet de stimuler l’audition résiduelle (en basses fréquences) et l’implant cochléaire restaure l’audition dans les hautes fréquences. De plus, le manufacturier autrichien Med-EL a commercialisé un implant cochléaire compatible avec les IRM (imagerie à résonnance magnétique) qui est un examen médical normalement contre-indiqué chez les porteurs d’implants cochléaires.

En ce qui a trait aux implants auditifs à ancrage osseux qui s’adressent aux patients atteints de pertes auditives conductives (ou de transmission), les avancements technologiques sont semblables aux implants cochléaires en matière d’accessoires sans fil. En plus d’être miniaturisés, les processeurs externes sont maintenant plus performants au niveau de la gestion du bruit ambiant. Il existe même des modèles pouvant être contrôlés à partir d’un téléphone intelligent et aussi des modèles utilisant un aimant comme moyen de rétention donc, sans implant traversant la peau.

Dans le domaine des implants auditifs du tronc cérébral, les électrodes sont installées directement à la base du cerveau, lorsqu’un implant cochléaire conventionnel ne peut être envisagé. Des recherches sont actuellement en cours au Children’s Hospital Los Angeles pour faire approuver cette technologie auprès de la clientèle pédiatrique. (Voir article sur le sujet : ici)

Il ne s’agit ici que d’un aperçu général et non exhaustif des dernières nouveautés. Plusieurs autres sont en continuel développement dans le but d’améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de déficience auditive.