COVID19
Le Pharmachien adapté en LSQ

Une activité basée sur l’article créé par le Pharmachien le 10 avril 2020, adapté en langue des signes québécoise (LSQ) par l’équipe du Secteur des Sourds de l’École Lucien-Pagé, Commission scolaire de Montréal, publiée avec leur aimable autorisation.

Pour tout commentaire ou question relativement au contenu écrit ou illustré de l’article, contacter Le Pharmachien.

  • Partie 1 : L’ARTICLE
  • Partir 2 : LE QUESTIONNAIRE

Il y a quelques jours, la santé publique du Canada, puis celle du Québec, ont ajouté – un peu maladroitement – le port du masque maison aux mesures pour lutter contre la pandémie.

Je dis « maladroitement » parce que ça manquait un peu de conviction…

Pour certain/es, cette recommandation arrive trop tard; j’y reviendrai plus tard dans cet article. Mais pour le moment, faisons le tour de la question des masques.

Premièrement, pourquoi porter un masque ?

La COVID-19 est une infection respiratoire, donc elle est transmise par des gouttelettes de liquide qui proviennent de nos voies respiratoires.

Les grosses gouttelettes contiennent plus de particules virales, donc si elles arrivent dans ta face et/ou qu’elles se déposent sur des surfaces où tu vas mettre tes mains, c’est là que tu risques l’infection.

Les micro-gouttelettes (aérosols) contiennent moins de virus, mais elles peuvent aussi pénétrer dans nos voies respiratoires, même jusqu’aux poumons. On pense que la COVID-19 peut aussi être transmise de cette façon.

Bref, tout ça pour dire que l’ensemble des gouttelettes sont un problème.

Aussi, il faut savoir que l’infection peut être transmise même si on n’est pas malade. On le suspectait depuis un bout de temps, mais c’est devenu de plus en plus clair.

Pour empêcher les gouttelettes de se promener d’une personne à l’autre, on peut porter un masque. Il y en a différents types :

Le masque N95 est différent de tous les autres, car il est fait d’un matériau dit « électrostatique », qui attire et capture même les plus petites particules (son efficacité pour les micro-particules est d’environ 95%, d’où son nom). Il est aussi conçu pour fitter tellement bien sur le visage que presque rien ne s’en échappe. Les N95 servent donc à SE protéger, et à protéger LES AUTRES.

Les masques chirurgicaux et de procédure bloquent une partie des particules, surtout les grosses. Eux aussi sont faits d’un matériau spécial, qui résiste un peu à l’humidité. Et leur « fit » n’est pas très bon, donc les petites particules vont s’échapper sur les côtés. Bref, ils protègent un peu la personne qui le porte, mais servent surtout à protéger LES AUTRES. On les utilise dans le système de santé parce qu’ils ne coûtent pas cher.

C’est sûr que dans un monde idéal, on porterait tous des N95 pendant des années jusqu’à l’invention d’un vaccin…

Mais la réalité est que ces deux types de masques existent en quantité limitée, donc on doit ABSOLUMENT les réserver pour les travailleurs de la santé, pour deux raisons bien simples :

  1. 1- Ce sont eux qui soignent les malades, donc ils/elles doivent rester en forme.
  2. 2- S’ils sont infectés, ils vont transmettre, en travaillant, le virus à des tonnes de personnes fragiles.

Parlons des masques maison…

Un masque maison, en fait, c’est n’importe quoi qui se trouve entre tes voies respiratoires et le reste du monde.

Un masque maison typique sera probablement fait d’un tissu absorbant (ex. coton), donc qui retient l’humidité (et le virus). Le tissu ne bloque pas non plus les plus petites gouttelettes qui viennent vers toi. Et son fit peut aller de « pas pire » à « pathétique ».

Par contre, les plus grosses gouttelettes qui sortent de TA bouche et de TON nez seront retenues à l’intérieur. C’est déjà ça.

Donc le but ici n’est PAS de te protéger. C’est de protéger LES AUTRES.

Hum…… on va dire que non.

Heille arrête ça.

Arrggg. Ok peut-être… mais assume que non. Fais comme si ça TE protège à 0%.

Parce que sinon, ça donne ça :

Est-ce qu’on a des données super convaincantes sur l’efficacité des masques maison ? Non.

D’ailleurs, on voit déjà sur le web certaines qui surestiment leur effet…

Autrement dit, une autre façon de présenter l’utilité réelle du masque en tissu serait :

Quand porter le masque en tissu ?

C’est sûr que si tu es chez toi, dans ta voiture, seul/e dans la rue, porter un masque maison n’a aucune pertinence.

Mais ça peut être intéressant quand tu es OBLIGÉ/E d’être près d’autres personnes, par exemple à l’épicerie, ou dans les transports en commun.

Intéressant pour les AUTRES, on s’entend.

Ça veut dire que le masque maison, il faut le porter le moins longtemps possible, et le laver souvent.

D’ailleurs, une analyse a suggéré que le masque en tissu pourrait peut-être augmenter le risque de s’infecter (c’était une étude chez les travailleurs de la santé cela dit, donc usage intensif, et on me dit qu’elle est contestée…).

Donc si tu le portes, disons, 2 heures dans la journée, puis que tu le laves à chaque jour, ça semble une utilisation raisonnable (voir plus bas pour plus de détails).

Les arguments « pro- » et « pas-full-pro- » masques

Il y a un biais cognitif qui s’appelle le « biais rétrospectif » (hindsight bias).

Le principe, c’est que pour le cerveau humain, tout semble évident après coup.

On le voit présentement à plein de niveaux :


Tout ça est peut-être vrai, mais c’est facile à dire aujourd’hui.

Le risque de céder au biais rétrospectif, c’est que plein de choses nous paraîtront évidentes plus tard, même si elles avaient été suggérées au hasard. Par exemple, quels médicaments seront éventuellement démontrés efficaces contre la COVID-19.

On fait face à la pire pandémie depuis un siècle, donc les connaissances et les recommandations changent rapidement. Il y a forcément des choix qu’on va remettre en doute plus tard.

Attention, ceci n’est pas un statement politique de ma part, et surtout pas une excuse pour de mauvaises décisions. C’est tout à fait correct (et même essentiel) de critiquer le gouvernement si on juge qu’il ne s’est pas basé sur les meilleures données disponibles en matière de santé publique (au Québec, on semble avoir fait de bons choix jusqu’à présent).

Mais j’ai vu passer des textes d’opinion incroyablement arrogants (un exemple ici) au sujet des masques maison. Selon des chroniqueurs, cette solution était évidente depuis longtemps, et le Canada a suggéré cette mesure beaucoup trop tard.

Pourtant, quand on se compare, l’adoption des masques maison a été faite plutôt tardivement dans la plupart des pays. D’autres (comme la République Tchèque avec leur campagne #masks4all) l’ont adopté rapidement grâce à un engouement populaire.

Voici un autre raisonnement louche qu’on voit passer en ce moment :

Malheureusement non, ce n’est pas une preuve.

C’est ce qu’on appelle confondre corrélation et causalité : il n’y a peut-être aucun lien entre les masques et le taux d’infection… ou encore, peut-être que ça a contribué un peu, mais que c’est juste un des nombreux facteurs en cause. On l’ignore.

PAR CONTRE

Là où une critique est justifiée, à mon avis, c’est dans la façon que les masques maison ont été introduits au public. Les arguments étaient assez… pauvres, disons.

Plusieurs personnes ont trouvé cette approche infantilisante. C’est vrai que ça l’était un peu…

D’ailleurs, par rapport au « risque de se toucher plus le visage si on porte un masque en tissu », on peut tout à fait proposer l’argument contraire : que porter un masque est un excellent rappel de ne PAS se toucher le visage.

Mais on pourrait aussi proposer l’argument que si on avait recommandé les masques maison dès le départ, et que la distanciation physique/sociale n’avait pas « pogné » chez le public, on aurait regretté cette recommandation.

Tout ça pour dire que c’est facile de faire nos gérants d’estrade et nos « reverse Nostradamus », alors que la santé publique doit dealer avec l’imprévisibilité et l’irrationalité des êtres humains.

Ce que je vais faire n’est pas important, mais oui, j’ai l’intention de porter un masque en tissu quand je n’ai pas le choix d’être en étroite proximité avec d’autres personnes, comme à l’épicerie et peut-être à d’autres moments… on verra. C’est un apprentissage pour tout le monde.

Au final, je pense que si on veut relaxer les mesures de confinement au cours des prochaines semaines, et donc qu’on se retrouvera plus souvent en proximité qu’on le veuille ou non, ajouter l’option du masque en tissu a du sens, tout en gardant en tête qu’on a peu de données claires sur son utilisation.

Et à ce stade de la pandémie, alors qu’on a déjà adopté toutes les mesures de base, je pense qu’on peut raisonnablement dire que le masque maison, c‘est probablement mieux que rien.

CONSEILS SI TU VEUX PORTER UN MASQUE

  • Le CDC aux États-Unis propose deux méthodes pour confectionner un masque maison, une avec un t-shirt, l’autre avec un bandana et un filtre à café (VERSION TRADUITE EN FRANÇAIS ICI). Il y a aussi des masques en tissu à vendre un peu partout. La qualité n’est probablement pas si importante, car tout tissu va bloquer les plus grosses gouttelettes.
  • Le masque doit fitter le mieux possible sur ton visage. Autrement dit, il ne doit pas être « slack » sur les côtés ou au menton.
  • Lave-toi les mains avant de mettre ou d’enlever ton masque.
  • Toujours porter le masque dans la même orientation (i.e. le « dedans » et le « dehors » toujours du même côté).
  • Porter le masque seulement quand c’est nécessaire et cesser de le porter quand il est humide (comme mentionné dans l’article, un usage trop intensif pourrait peut-être augmenter le risque d’être infecté).
  • Enlever le masque pendant les repas (i.e. ne pas juste le mettre sur son menton)
  • Laver le masque, avec l’eau la plus chaude possible, à chaque jour qu’il a été porté. Ça peut donc être utile d’en avoir deux (2) pour faire une rotation.
  • Certains experts ont des conseils plus précis (ex. utiliser tel tissu de telle épaisseur, laver le masque à telle fréquence et à telle température, etc.). C’est bien que des gens réfléchissent à ça, et ça va probablement évoluer au cours des prochaines semaines.
  • … cette liste n’est pas exhaustive, il y a probablement d’autres excellents conseils ! Mais ça couvre les principaux.

Et surtout, ne pas relâcher la distanciation physique/sociale, et le bon lavage des mains. Masque ou pas !

P.S. Comme pour tous mes articles sur la COVID-19, je ne vise pas à répondre à toutes les questions imaginables, mais simplement à couvrir des aspects qui m’apparaissent en manque de vulgarisation. Pour des questions plus spécifiques, voir le Guide d’autosoins du gouvernement du Québec, ainsi que les nombreux (excellents) articles écrits par des journalistes avec citations de spécialistes en microbiologie et infectiologie. Aussi, les commentaires ne seront pas publiés ci-dessous, car toute discussion serait désuète en quelques jours. Tu peux par contre laisser un commentaire pour suggérer des changements. Je sais que tout le monde est à fleur de peau présentement, mais si tu veux me soumettre une demande de précision ou correction, il suffit de me le demander gentiment, du genre : « Hey Olivier, j’ai remarqué que X pourrait être précisé/corrigé, je te suggère Y, bonne journée ! ». Je fais régulièrement des mises à jour sur l’ensemble du contenu du site.

Questionnaire créé par Hélène Boulanger, orthophoniste inspiré du document « Exemple de questions à poser aux élèves suite à une lecture » (document préparé par Sonia Labelle, conseillère pédagogique en français au primaire) ainsi que des commentaires et suggestions de Marie-Lucie Courteau, enseignante de français, école Lucien-Pagé
Source : Exemples de questions à poser aux élèves suite à une lecture

Questionnaire en lien avec le texte : « Masque maison : mieux que rien »

Voici une liste de questions qui pourront t’aider à mieux comprendre le texte, à l’interpréter, à réagir au contenu et à porter un jugement critique.

1. Comment s’appelle l’auteur du texte ?

a- Son vrai nom :

b- Son nom d’artiste :

2. Quelle est la différence entre des micro-goutelettes et des grosses gouttelettes ?

3. Qu’est-ce qu’un masque N95 et pour qui le réserve-t-on ?

4. Selon l’auteur du texte, qui est-ce que les masques maison protègent le plus ?

a- Les autres

b- Soi-même

5. Nomme-moi un argument pour le port du masque et un argument contre le port du masque.

6. Nomme une information que tu as apprise à la lecture du texte ?

7. Selon toi, pourquoi l’auteur a-t-il écrit ce texte ?

8. Est-ce que la lecture de ce texte t’incite à porter un masque ? Explique-moi.

9. Nomme-moi un passage qui t’interpelle et dis-moi comment tu l’as trouvé : intéressant/ennuyeux/surprenant/drôle ? Pourquoi ?

10. Crois-tu que les profs devraient porter des masques maison en classe, en septembre prochain ? Pourquoi ?

11. Crois-tu que les élèves devraient porter des masques maison en classe, en septembre prochain ? Pourquoi ?

12. Est-ce que les informations recueillies dans le texte sur les masques sont les mêmes que celles que tu connaissais déjà ou sont-elles différentes ? Explique-moi ?

13. Si quelqu’un tient à porter un masque, dans quelle situation lui recommanderais-tu ? Explique-moi.

14. Que penses-tu des images dans le texte ? Comment les as-tu trouvées ? Explique-moi.

15. Si tu étais un enseignant, ferais-tu lire ce texte à tes élèves ? Pourquoi ?

16. Quels sont les moyens utilisés par l’auteur pour t’intéresser à lire son texte ?

17. Selon toi, est-ce qu’un masque maison, c’est mieux que rien ?